bruit blanc

En remontant la rue d’Oran, capuche qui masque, poings serrés au fond des poches, arrêt soudain, boîte électrique défoncée, ce bruit blanc au dehors, écho au vide du dedans. Matin froid d’un dimanche de décembre. Sifflement des sinus, larmes sèches, en dedans, inexpliquées. Trop. Pas assez solide pour ce trop. Au réveil déjà, malgré la chaleur encore douce des volets clos. Mais plus tôt dans la nuit déjà, sur une route séparée, sans issue, images déconstruites, fanées, tristes. De ces rêves qui éveillent épuisé. Mis en marche forcée, ensuite, au dehors. A contrecœur. Toujours cet assourdissant trop en soi. Dans le pas ferme du jour. Dehors si lumineux, et franc, hiver glorieux. Dedans tout engoncé, enfoui en plis multiples. Trop. Marche légère, jambes, corps comme en dehors de soi. Corps encore attendri. Corps presque souriant. Corps amarre d’un bonheur à portée. Corps qui supporte cet autre en lui, cet autre en soi, fondu, immobile, agaçant. Comment dire ce détachement de l’allure et du dedans. Cet écart soudain en soi. Le front pressé. Trop plein en dedans. Synapses brûlants, crépitants, prêts à tomber cendre. Trop. Et le corps qui n’y voit goutte. Rien n’y paraît. Trop chargé en dedans. Cerveau éponge gorgée. Crâne comme à exploser. Tant que tout s’y annule. Tant qu’on n’y trouve plus rien. Tri nécessaire. Faire place, vide. Soulager. Le travail a commencé d’ailleurs, malgré soi. Alerte. Alarme. Saturation atteinte. Reprendre la main mais comment se rejoindre en soi. Laisser passer. Merci. Sans trop de réponse.

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