un matin d’été

[ prise de son : Pierre Armand ]

Ce que ce son ne donne pas, c’est la proximité de la centrale thermique de production d’électricité. Sa proximité extrême. Ses quatre cheminées tricolores plantées sur le rivage, en regard de la plage. Ce qu’il ne peut dire, du fait de la distance, faible mais suffisante pour que le son s’envole, pour que le vent fasse l’effaroucheur et dissémine le vrombissement des torchères, c’est la raffinerie, plus inquiétante encore, à perte de vue. Mieux vaut parfois fermer les yeux.

C’est le souvenir du lieu qui a ressurgi en premier. Ce son ne reste, pour moi, qu’un déclencheur. A la réécoute, domine un très fort sentiment de fausseté, d’abord, puis d’étouffement. La bande-son d’un mauvais rêve. Les images, les odeurs, qui saturent encore mes sens, privent ce son de son innocence.