le sens reclus #3

siffle siffle quête de sens

quête de sens
quête de sens
ça revient m’agacer

sens caché, mais où ça, mystère

ascenseur, séminaire, entreprise, s’épanouir, personnel, place, promotion, philosophie, valeur

dévoyer

concept, risque, bourse, séminal, croissance, vie, entreprise, esprit, croyance

saint-esprit

salaire, statut, subir, décision, reconnaître, tenir, maîtrise, puissance, fantasme, siège

direction

souhait, tension, insane, simple, simple, simple, harcèlement
seul, seul, détresse, nervis, apprentissage, asservissement

assommer

malaise, méconnaissance, soucis, soutien, solidaire
universel, passé, pensée, réticence, bêtise, méfiance

révolte

impossible, impensable, insensée

issue
impasse

détresse insensée

ressaisir

réveil nécessaire

bonheur
bonheur

(filet de mots)


robots

« La promesse est dans ce qui échappe, non dans ce qui est encagé, maîtrisé, fini. »
Antoine Emaz, Cuisine

L’enfant sans parole, prisonnier du passé, reprend voix dans l’enfant d’aujourd’hui.

Histoire de succession, de fluides hérités. De pères, de fils, grands et petits. Une onde passe. Je vois l’affaire ainsi. Extraire, reprendre, composer, recomposer, étendre, s’échapper. Je ne peux écouter ce son récent sans repenser à l’absent.

Jamais ils n’auront pu s’écouter mais ces deux-là sont unis au-delà des temps séparés. Pont de corde, je les relie, je numérise la bande oubliée, passe le micro au petit vivant. Faute de mieux, j’associe leurs sons. Fragile, mouvant, peu sûr, l’échange se fait par moi. Je suis seul à tenir.

Pour l’enfant neuf, inconscient des anciens qui l’irriguent, le premier est mort depuis toujours. Il émerge des brumes lointaines du passé, sporadiquement, parmi les personnages dont il entend les noms. A-t-il connu Vauban ? Il n’est qu’une image dans l’album de poussière.

Son absence seule pose problème. Pas en elle-même – cet homme inconnu ne peut lui manquer – mais en ce qu’elle rend possible ma propre disparition. Cet homme du temps d’avant est, en tout, impensable. Sourire muet à maintenir au loin, étranger inquiétant qu’il faut ignorer.

Mais avant tout la vie s’invente dans ce son. Pour tout dire, il s’en moque, l’enfant, de ces radotages paternels. Il ne se retourne pas. Il a bien le temps. Il me ramène au présent, à la surface. Il a tout à construire. Comme cette chanson claironnée des mois entiers avec énergie et bonheur, d’où la sortait-il ? Je n’ai jamais su si elle venait de lui ou d’un autre, du dehors ou du dedans.

J’ai cherché vainement, c’est sans importance. Il a fait sienne cette histoire de robots. Elle résonnait pour lui, en lui, elle ne le quittait pas. Elle confortait son insouciance, me l’insufflait. C’est suffisant.

L’enfance nourrit ce rêve d’un monde mécanique aux ressorts rassurants, binaires, limpides. Les machines cassées se réparent d’un coup de colle. Les machines épuisées vont à la casse, en toute logique, une fois leur temps passé. L’usure est mesurable, attendue. Il faut avancer, vivre, grandir, quand on y arrive, pour prendre du plaisir à sonder l’incertitude et la complexité.

Où se rejoignent sa voix et la mienne ? Qui succède à qui ? Quelle évidence ?
Que fera-t-il des chants anciens ? N’est-il qu’un porte-voix ?
Quel homme sera-t-il ? Qu’entend-il des alentours ?
Que gardera-t-il de ce qu’il entend ?
Qu’entends-je de ce qu’il me dit ?
Sommes-nous des robots ?
Qui sont les kiwaks ?

Rien n’est arrêté.