vieilles lunes

[ prise de son : Pierre Armand ]

Etrange phénomène de rentrée. Les eaux sombres remontent. Il faut écoper pour ne pas entraver les fils de la pensée. Suivre ses liens. Accepter le jeu du chantier. Ses contraintes qui pèsent mais dévoilent. Répondre aux surgissements de sons, d’idées, de mots. Frémir. Deux fois. De ce qui revient toujours avec poigne. De l’écho. Faire avec. Même si encore, et les morts, et l’absence.

Ne rien forcer. Voir où ça mène cette fois. Même si sentiment de rester canoter en eaux tristement familières. Accepter l’étape, le passage, le goulot. Essayer juste de ne pas trop radoter. Essayer juste d’avancer un peu, de flotter un peu, d’alléger un peu. Pour soi et les autres. C’est une plaie ces histoires de morts qui reviennent encore et encore. Oui, je sais, vraiment c’est une plaie.

S’ouvrir des voies ignorées, éclairantes. Fendre d’une énergie nouvelle pour aborder une autre rive. Se nourrir du retour des vieilles lunes pour mieux s’en défaire. Repartir.

Tandis que de l’autre côté du pont, les chiens-loups du domaine, outrés par ma présence, n’entendaient toujours pas ce mouvement, l’express du petit matin, comme en rêve, me frôlait.

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